A la rencontre du Hibou Grand Duc ces 20 et 21 mars 2026 en vallée du Grésivaudan

La nature sauvage s'expose souvent au grand jour sans que nous ayons beaucoup d'efforts à faire pour l'écouter ou l'observer. C'est le cas en ce moment des oiseaux qui égaillent nos matinées printanières (mésanges, fauvette à tête noire, rouge-gorge familier, merle noir, grive musicienne...). 

C'est beaucoup plus rare pour certaines espèces comme le Grand Duc d'Europe. "Malgré sa taille impressionnante, cet oiseau superbe n'est point facile à voir, même quand on connait son refuge" écrivait Paul Géroudet ("Les rapaces diurnes et nocturnes d'Europe" - Ed Delachaux et Niestlé - 1978). Malgré tout, depuis les années 70, ce redoutable prédateur recolonise progressivement son territoire jusqu'à la périphérie des bourgs. C'est le cas dans notre vallée où nous avons eu la chance d'observer un adulte avec trois de ses jeunes lors de ces deux sorties en petits groupes. 

 


Grand-duc d'Europe © Christian Aussaguel

Lorsque nous arrivons, quelques photographes animaliers sont d'ailleurs déjà présents. Il nous font bon accueil et nous laissent voir volontiers leur clichés. Avec eux, nous respectons les consignes : rester groupé, ne pas élever la voix, rester à bonne distance. Le dérangement peut être une cause de l'abandon du nid et des jeunes. Le milieu est rupestre et convient parfaitement à cette espèce. Les 2 jeunes sont abrités dans un cavité profonde de la paroi et bien exposée qui leur fournit un abri idéal et sur. Un autre est sorti du nid (par accident ?) et donc posé au sol. L'adulte (probablement la femelle) est posé immobile sur l'arbre situé juste au dessus de la cavité, prêt à intervenir en cas de dérangement ou de prédation.  Avec les longues vues, nous pouvons voir les immenses yeux de cet oiseau (pupilles noires cerclées de jaune orangé profond). Les jeunes ont maintenant plus d'un mois et déplient parfois leurs ailes déjà bien développées. Ils tournent leur tête en faisant de curieux ronds. On peut parfois les entendre crier. Hormis les ailes, le corps est encore couvert d'un épais duvet brun clair leur donnant l'aspect d'une grosse peluche. Les aigrettes ne sont pas encore visibles. 

 

                                                        Poussins en duvet © C. Fosserat
                        Les poussins que nous avons vu étaient encore complémentement couverts de duvet.

A l'approche de la nuit, l'adulte rejoint les jeunes (le 20) et s'envole soudainement pour rejoindre la falaise opposée sur un ancien bâti (le 20) ou sur un résineux (le 21). De là, il continue à voir le nid et les jeunes. Malgré l'aspect ramassé de l'animal, on devine des pattes longues et des serres très puissants même sur les jeunes. L'adulte prendra dans ses serres une proie encore non consommée (probablement un surmulot vu la taille) (le 20).

 

                                                8 mars 2015 - Montbonnot-Saint-Martin - Eric Posak
                                    Photo de la patte d'un Grand Duc d'Europe percuté par un véhicule.

Pour préserver la tranquillité de ces oiseaux en période de nidification, cet article n'est pas illustré-comme nous en avons l'habitude - de photos et le lieu précis de l'observation ne sera pas communiqué. Les photos reproduites ci-dessus sont issues du site LPO consacré à cette espèce que vous retrouverez à cette adresse : https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/oiseaux/rapaces/grand-duc-d-europe  

La LPO a constitué un groupe de bénévoles très actifs qui suit chaque année  la reproduction de ce magnifique oiseau sur l'ensemble du département de l'Isère. Si vous voyez ou entendez le Grand Duc, n'hésitez pas à la contacter : isere@lpo.fr

Eric