Domène a la chance d’accueillir une colonie d’hirondelles de fenêtre. Mais cette colonie est en fort déclin depuis une dizaine d’années. Pour tenter d’enrayer cette tendance, des nichoirs artificiels ont été installés mais leur succès est inégal. Fait préoccupant, les nids naturels construits par les hirondelles se dégradent inexorablement. En s’inspirant d’expériences réussies, le CPN Curieux de Nature a pris l’initiative de réaliser et d’installer un bac à boue pour aider les hirondelles à fabriquer leurs nids.
Le constat est sans appel : à Domène on est passé d’une centaine de couples nicheurs d’hirondelles de fenêtre dans les années 2010 à 2015 à 27 couples seulement en 2025 (suivi LPO).
Des nichoirs artificiels ont certes été fabriqués, dont certains avec l’aide de collégiens (LIEN Club Nature et LIEN CLAS), mais ils connaissent un succès inégal : certains sont occupés par les hirondelles chaque année, tandis que d’autres restent vides ou sont squattés par des moineaux domestiques qui profitent de l’absence des hirondelles pendant leur migration.
A Domène, les hirondelles de fenêtre nichent principalement dans le quartier Gustave Rivet et notamment sous les avant-toits de l’école maternelle qui a hébergé à elle seule, en 2025, 30% de la population nicheuse de la commune. Les hirondelles fabriquent leur nid avec des boulettes de boue de terre argileuse mélangées à leur salive. Mais nous avons constaté que ces nids naturels se dégradent au fil du temps (photo ci-dessous).
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| Deux nids d’hirondelles de fenêtre, dont l’un (à droite) est fortement dégradé et abandonné. Domène, école maternelle G. Rivet |
Quelle corvée pour trouver de la boue !
On estime qu’il faut 2 000 à 2 600 boulettes de boue à une hirondelle pour fabriquer son nid. Mais, dans le secteur Gustave Rivet, il est bien difficile de trouver de la boue. Si le sol n’est pas recouvert de bitume, les plates-bandes de terre sont enherbées ou recouvertes de copeaux de bois… Il faut alors que les hirondelles volent jusqu’aux berges de l’Isère (à plus d’un km) pour trouver une flaque de boue. On imagine la dépense d’énergie que représentent tous ces allers-retours !![]() |
| Hirondelles de fenêtre attirées par une flaque |
Cette
artificialisation des sols en milieu urbain n’est certes pas spécifique
à Domène. A Charleroi en Belgique, mais aussi dans les Hauts-de-France,
des expériences ont été menées et réussies pour mettre de la boue à
disposition des hirondelles et les aider ainsi à fabriquer leurs nids.
Nous nous sommes inspirés de ces expériences pour installer un bac à
boue à proximité des nids occupés par cette colonie.
Le bac,
rempli d’eau et de terre argileuse, mesure environ 1 m2 de surface, afin
de permettre à plusieurs oiseaux de s’y poser simultanément. Sa hauteur
varie de 10 à 15 cm, de façon à réaliser un gradient d’eau et à former
des irrégularités de microrelief (créer des cuvettes humides, quels que
soient les niveaux d’eau).
Il a été installé sur un espace bien
dégagé afin de permettre aux hirondelles de repérer la présence
éventuelle de prédateurs, dans un lieu tranquille et inaccessible aux
chiens (pas de risques de déjections canines dans la boue). La mise en place s’est effectuée le 16 mars avec le concours du service des espaces verts.
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| Installation du bac à boue |
Il
reste désormais à attendre le retour des hirondelles (en principe fin
mars-début avril) et à espérer que cette installation leur conviendra
!...
Au fait, à quoi reconnaît-on une hirondelle de fenêtre ?
C’est
une bonne question car deux autres espèces d’hirondelles fréquentent
notre commune, mais elles sont bien moins nombreuses. L’hirondelle
rustique se reconnaît à sa queue fourchue avec deux longs "filets" étroits sur les côtés (une vraie queue d’hirondelle…) et on peut en
observer quelques-unes vers le chemin des Grives. L’hirondelle de
rochers, de couleur brune dessus et dessous, est d’installation récente à
Domène : on peut la voir notamment voler autour du clocher de l’église
ou aux environs des Charmettes. En tant que voisines du quartier Gustave
Rivet, elles pourraient être elles aussi attirées par le bac à boue et
seraient les bienvenues !
Pour identifier l’hirondelle de
fenêtre, c’est assez simple : elle a une "fenêtre" blanche sur son dos,
c’est-à-dire une tache blanche au croupion qui contraste avec le dessus
sombre de son plumage (photo ci-dessous).
| Hirondelles de fenêtre et nichoirs artificiels. Domène, rue Gustave Rivet |
Remerciements :
Nous
tenons à remercier tout particulièrement M. Fabrice Cartier-Millon
(responsable de l’équipe Espaces Verts à Domène) qui a soutenu le projet
dès le départ, a proposé l’emplacement retenu pour le bac et s’est
engagé à assurer l’entretien de l’humidité du bac à boue.
Nous
remercions également Mme Patricia Dimier, Directrice de l’école
maternelle Gustave Rivet, qui héberge les hirondelles sous ses toits et a
aussi soutenu ce projet, MM. Hadrien Descormes et Frédéric Fiorese (de
la société SOCAFI à Montbonnot) qui ont fait don de la boue argileuse,
et Dominique Tarrajat qui a fabriqué le bac.
Photos : Benoit D’Halluin
Laurent et Benoit



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