Nouvelles photos mystères ou insolites (21)

 Voici de nouvelles photos prises à Domène, au Versoud ou dans les environs.

Photo 1 : voici une abeille qui vient butiner une fleur d’onagre (Oenothera biennis). Mais, en y regardant de plus près, je n’aimerais pas être à la place de l’abeille… Quel est cet animal ? (pas l’abeille, l’autre)

Domène, photo : Benoit D’Halluin

Photo 2 : quel est cet animal ? (pas la fourmi, mais l’animal en-dessous)

Domène, mai 2026, photo : Benoit D’Halluin

Il mesure environ 1,5 cm. Pour vous aider, vous pouvez utiliser la clé de détermination élaborée dans le cadre du programme QUBS (QUalité Biologique des Sols) : LIEN 

 Photo 3 : quel est ce papillon qui joue à cache-cache ? Un indice : l’adulte aime les fruits très mûrs (voire pourris) et la chenille apprécie les orties.

photo : Benoit D’Halluin

Enfin une photo insolite : ce sont deux Punaises vertes ponctuées (Nezara viridula) encore appelées Punaises vertes puantes, ce qui est assez explicite (et même un peu redondant, car le mot punaise vient de l'adjectif ancien français "punais" qui signifie déjà "malodorant, puant")… Ainsi cette punaise est connue pour libérer une forte odeur nauséabonde lorsqu'elle est stressée ou écrasée.

Punaises vertes ponctuées adultes, Domène, septembre 2026 (photo : Laurent Dobremez)

Vous me direz, des punaises vertes, vraiment ? Oui, car la punaise de couleur orange n’est qu’une forme rare (forme aurantiaca ou type Y) de cette espèce, qui présente une assez grande variabilité. Ainsi, à l’approche de l’hiver, elle peut devenir brune ou rougeâtre (et redeviendra verte au printemps suivant).

Punaise verte ponctuée adulte, Domène, septembre 2026 (photo : Laurent Dobremez)

N.B. Il existe aussi une autre forme adulte rare (forme torquata) dont les parties antérieures du pronotum et de la tête et les parties latérales des hémélytres sont de couleur ivoire, contrastant avec le reste du corps.

Nezara viridula forme torquata (N.B. il lui manque l’hémélytre gauche) (photo : Gilles Carcassès)

Comment les reconnaît-on ? Les adultes ont trois petites taches blanches alignées sur le bord antérieur du scutellum (bien visibles sur les photos) et deux petits points noirs (moins visibles sur les photos) aux angles antéro-latéraux du scutellum, c’est-à-dire de part et d’autre des taches blanches. En outre, la partie membraneuse des ailes est transparente. Les adultes mesurent de 11,5 à 18 mm de long.
Pour les larves, c’est plus délicat car les motifs et les colorations varient en fonction de l’âge de la punaise. Aux quatrième et cinquième stades larvaires, l’insecte prend une coloration dominante vert jaunâtre avec des taches rouges et claires.

Larve au stade 5 de Nezara viridula (photo : Gilles Carcassès)

Quel est son cycle de vie ? Nezara viridula se reproduit tout au long de l'année sous les tropiques, mais pas en hiver dans la zone tempérée. La femelle dépose de 30 à 130 œufs à la fois, sous forme d'une plaque compacte d'œufs solidement collée sous le dessous d'une feuille. On parle d’une "ooplaque" : les œufs sont en forme de tonnelet, avec une ouverture au-dessus et sont disposés en nid d’abeille. Les œufs mettent entre 5 et 21 jours pour se développer, selon la température. Les larves nouvellement nées se rassemblent près des œufs vides et ne se nourrissent que trois jours plus tard, après la première mue. Elles muent cinq fois avant d'atteindre leur maturité, augmentant de taille à chaque fois. Il y a donc 5 stades larvaires. Chaque stade larvaire dure environ une semaine. Jusqu'à quatre générations peuvent se développer en une année, avec des œufs donnant des adultes en un peu moins de 35 jours au milieu de l'été (source : Wikipédia).

C’est une espèce dite polyphage car les larves et les adultes se nourrissent sur un très grand nombre de plantes différentes. Elles peuvent occasionner des dégâts aux plantes maraîchères.

Elle serait originaire de l’Ethiopie mais elle est désormais répandue dans le monde entier, à la faveur du développement de la mondialisation et du réchauffement climatique. Elle s’est implantée en Grande-Bretagne depuis 2003 (source : INPN MNHN). Elle ne serait présente en Lorraine que depuis peu (1ère mention en 2016 selon la Société Lorraine d’Entomologie), car les hivers peuvent y être rigoureux. Elle hiberne sous sa forme adulte et est assez frileuse (il semble qu’elle ne peut pas survivre si la température descend durablement au-dessous de 5°C). Elle cherche ainsi à pénétrer dans les maisons, notamment le soir en fin d’été-automne, et elle est attirée par les lumières. On la trouve aussi le matin derrière des volets. Je suppose que vous l’aviez déjà remarqué…

Si vous voulez en savoir plus :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nezara_viridula 

Muséum National d’Histoire Naturelle : LIEN

 Les carnets nature de Jessica : LIEN

Gilles Carcassès :https://natureenville.cergypontoise.fr/2016/12/01/palomena-et-nezara/ et 

https://natureyvelines.wordpress.com/2021/02/06/quelques-punaises-hivernantes/

A vous de jouer ! Envoyez vos propositions pour les photos mystères en mode commentaire ou sur notre messagerie : cpncurieuxdenature@gmail.com
Laurent et Benoit