Sortie botanique au chemin du Roussillon 11 avril 2026

 Nous étions près de 20 personnes pour cette première sortie botanique organisée par Domène 2050 et le CPN Curieux de Nature au Versoud sur le chemin du Roussillon. Anne-Marie, Sylvie et Benoît ont animé cette sortie.


Une chaleur presque estivale nous a accompagnés. Les premières fleurs du printemps, primevères acaules, ficaires, violettes, cardamines hirsutes, n’étaient plus en fleurs et se fondaient dans la végétation.

Quelques lamiacées fleuries, bugles, lamiers pourpres et lierres terrestres attiraient quelques insectes.

Bugle

Les plantes de la famille des lamiacées sont caractérisées par une tige carrée, des feuilles opposées décussées, des fleurs à deux lèvres, et un ovaire divisé en quatre loges, renfermant chacune un ovule. La corolle bilabiée est formée de cinq pétales soudés. En tirant sur la corolle, on découvre le calice (l’ensemble des sépales) au fond duquel, à la loupe, on aperçoit quatre loges. Les fruits sont des tétrakènes.

Sylvie : Le lierre terrestre  dégage un léger parfum mentholé citronné. On l'utilisait autrefois pour aromatiser la bière et comme condiment grâce à cette saveur très marquée. On peut l'utiliser mais en petite quantité car la plante contient du pinocamphone qui confère une certaine toxicité à l’huile essentielle.

Lierre terrestre

Le chemin du Roussillon est tracé à flanc de coteau.  Le surplomb était tapissé de plantes où se mêlaient l’ail des ours en fleurs, des tiges volubiles de tamier, des violettes, du lierre… 

Benoît : Mais, qu’est ce que c’est que tous ces confettis par terre ? Forme ronde, avec une partie renflée au centre : c’est une graine ailée ! D’où viennent-elles ? De cet arbre très haut et très « déplumé » avec plein de petits bouquets et quelques toutes petites feuilles : c’est un orme qui fleurit très tôt et produit ces graines (des samares) et qui commence tout juste à sortir des tiges feuillées de ses bourgeons. Difficile d’identifier l’espèce à ce stade, il faudra revenir voir ses feuilles dans quelques semaines.

Fruit de l'orme: une samare

De jeunes érables poussaient le long du sentier.

Benoît : Comment reconnaître les différentes espèces d’érables qui poussent dans nos forêts ?

Trois espèces d’érables poussent tout le long de ce sentier. En plus grand nombre, ce sont les érables planes, reconnaissables par leurs feuilles avec des pointes aiguës à chaque extrémité. On voit aussi beaucoup d’érables champêtres avec des feuilles à lobes arrondis . Puis, vers le haut du chemin, on peut trouver quelques érables sycomores avec des lobes moins échancrés et avec des bords dentés.

Erable plane, érable champêtre, érable sycomore

Le fruit des érables est une disamare (deux samares accolées l’une à l’autre). Ce sont les petits «hélicoptères» de notre enfance qui tournoient en tombant de l’arbre.

Nous avons eu le bonheur de découvrir de nombreux sceaux de salomons en fleurs et quelques pieds d’hellébores fétides. Le sceau de salomon de la famille du muguet, les asparagacées, fait partie des plantes les plus toxiques de la flore ainsi que l'hellébore fétide.

Sceau de Salomon

Sylvie : Enfin nous avons trouvé beaucoup d’herbes à Robert (Géranium robertianum) de la famille des géraniacées. La plante est d'apparence velue, le limbe est profondément découpé et de contour triangulaire, les tiges sont rougeâtres et en automne ses feuilles deviennent rouge vermillon, c’est une adaptation de la plante pour se protéger de la déshydratation. On l’appelle aussi "bec de grue" à cause de ses fruits allongés (des capsules), ceux-ci explosent à maturité pour disséminer les graines. Les fleurs roses sont formées de 5 pétales, 5 sépales et 10 étamines. Quand on la frotte, elle dégage une forte odeur d’encre de chine.

Géranium Herbe à Robert

D’un coup le chemin débouche sur un espace ensoleillé où pousse une végétation de pleine lumière. Un cours d’eau longe une prairie. 

Tout le long courent de jeunes prêles. Quelques rares tiges fertiles sénescentes se laissent deviner dans l’herbe. La famille des prêles, les équisétacées, est apparue il y a près de 300 millions d’années, au carbonifère. Elle était alors riche de nombreux genres et espèces dont certaines mesuraient 30 m de haut. 

Prêle des champs

A la loupe, nous avons observé un rameau coupé de prêle des champs. Il présentait 4 pans comme une étoile à 4 branches. Le premier article plus long que la gaine venait confirmer sa détermination.

Anne-Marie, Sylvie, Benoît

Lien vers le rapport complet: Sortie botanique au chemin du Roussillon 11-04-2026.pdf

Campagne 2026 de Sauvetage des Amphibiens à Domène


 Grenouilles, crapauds, tritons, salamandres font parties de la famille des amphibiens. A la fin de l'hiver, quand la température se réchauffe, par temps humide, ils quittent les bois à la tombée de la nuit pour rejoindre une mare et se reproduire, c’est la migration

A Domène, près du rond-point des Arnauds, à la limite avec Le Versoud, ils doivent franchir ou contourner de nombreux obstacles suite à la construction de rues, maisons, murets... 

La Mare - 26/02/2026

Campagne de sauvetage 2026

Comme en 2024 et 2025, la LPO AURA Isère nous a prêté des filets et des seaux pour installer des barrières de protection au niveau de la départementale 523 (route de Savoie). 

Le chantier d’installation a été effectué le 4 février 2026 par des bénévoles du CPN. Nous étions 6 adultes et 2 enfants pour la pose des filets sur une longueur de 65 m environ pour le plus grand, et 12 mètres pour le plus petit. Nous avons creusé une tranchée d’environ 10 cm de profondeur sur 10 cm de large pour enterrer le filet et éviter que les amphibiens passent par dessous. Ensuite nous avons creusé des trous au ras des filets pour enterrer les seaux. Les crapauds, en essayant de contourner le filet, vont tomber dans les seaux. Il faudra les récupérer au matin et les remettre à proximité immédiate de la mare.

Installation des filets - 4/02/2026

Rondes du soir

Depuis le début de la migration, le lundi 2 février jusqu’au jeudi 26 février 2026, nous avons transportés 479 amphibiens à la mare lors des rondes du soir : 457 crapauds (309 mâles, 40 femelles, 54 amplexus), 21 grenouilles agiles, 1 triton alpestre. Tout ces amphibiens ont été mis à la mare (ou à proximité immédiate). Après le 26 février, nous avons encore effectué quelques rondes du soir sans voir d’amphibiens, puis nous avons stoppé les rondes à partir du 5 mars.


En 2026, on observe que la migration a eu lieu plus tôt que l’année précédente, et en une seule grosse vague pendant les 2 premières semaines de février, la météo étant plus favorable (température plus douce et absence de longue période de gel).

Durant cette période, nous avons aussi observé 2 salamandres le 10 février, l’une à proximité du ruisseau de la Masse, l’autre sur l’allée Bistési, remise en sécurité du côté des bois.

On observe la remontée de crapauds vers les bois à partir du 27 février.

Relève des crapauds dans les seaux

Du 5 février au 28 mars 2026, un total cumulé de 333 crapauds ont été trouvés dans les seaux : 266 mâles, 5 femelles, 31 amplexus. On observe un premier pic au début de la migration le 7 février, puis la plus grande quantité entre le 10 et le 14 février, suivi par un plateau autour de 8 à 10 crapauds chaque matin jusqu’au 24 février, puis très peu d’activité jusqu’au 15 mars 2026.

Le répartition spatiale montre que les seaux proches de la mare (n°4, 5 et 6) sont les plus chargés, et donc les plus utiles pour éviter des écrasements sur la route départementale.

Bilan des Écrasements

40 amphibiens écrasés ont été notés cette année : 37 crapauds (25 sur la RD523, 7 allée Clémence, 5 allée Bistési), 2 grenouilles agiles (1 allée Clémence, 1 allée Bistési), 1 triton alpestre (allée Bistési). C’est du même ordre de grandeur que les années précédentes.

Pontes

Des pontes de grenouilles étaient visibles dès le 18 février 2026. De nombreuses autres pontes de grenouilles ont été vues les jours suivants, flottants à la surface de la mare. Un lieu de ponte de crapauds a été trouvé le 27 février 2026 avec de longs colliers d’œufs alignés par deux.

Ponte de grenouille agile - 27/02/2026
Crapaud et Pontes de crapaud - 27/02/2026

Des têtards on été aperçus le 25 mars 2026, proche du lieu de ponte des crapauds. D’autres têtards ont été aperçu à plusieurs endroits de la mare.

Remerciements

La LPO AuRA section Isère, et tout particulièrement Ninon et Salomé, qui nous a permis de mener cette campagne de sauvetage des amphibiens grâce à leur aide précieuse pour les aspects techniques et administratifs, le prêt des filets et des seaux.

Les bénévoles du CPN Curieux de Nature et de Domène 2050, pour leur aide lors de l’installation des filets et des seaux, leur présence pour les rondes du soir et la relève des seaux le matin.

Merci à vous tous : Gérard, Joseph, Eric, Catherine, Nicole, Teddy, Melissa et Noémie, Jules, Aline, Clément, Victoria, Elsa, Sacha et Lilas, Sylvie, Malik et Limane, Martine, Ethan, Guillaume, Luc, Laurent et Brigitte, et Anne-Marie.

A ceux que j’aurais pu involontairement oublier de citer, je les remercie également.

Rédaction du document et crédit photos : Benoît D’Halluin

Lien vers le rapport complet: Sauvetage Amphibiens 2026.pdf


Autres petits animaux observés à Domène et au Versoud en 2025 et sur la période 2019-2025

 Grâce à la base de données naturalistes gérée par la LPO (https://www.faune-aura.org), il est possible d’établir des synthèses des observations d’animaux réalisées dans nos deux communes de Domène et du Versoud. Après l’article sur les oiseaux et les mammifères (LIEN), voici une synthèse sur les autres petits animaux observés durant la période 2019-2025. Certes, les observations sont beaucoup plus fragmentaires, mais leur analyse apporte des informations intéressantes sur la biodiversité animale qui nous entoure (1).

Voici quelques faits marquants sur les observations réalisées en 2025.

1. Les reptiles

Après la découverte en 2024 de deux Tarentes de Maurétanie au Versoud, ce gecko méditerranéen semble poursuivre son expansion géographique puisqu’il a été observé en 2025 dans un autre endroit au Versoud et aussi, pour la première fois, à Domène. 

Tarente de Maurétanie, Le Versoud, 31.05.2025 (photo : Gérard Mollard)
 

On notera aussi en 2025 la découverte d’une Couleuvre helvétique, à la limite entre Domène et Le Versoud, et, à Domène, d’une Couleuvre verte et jaune (morte).

Couleuvre helvétique, Domène, 11.04.2025 (photo : Benoit D’Halluin)

 Les autres observations sont classiques : la Trachémyde écrite (ou ‘tortue de Floride‘), pouvant parfois former sur des troncs émergeant de l’eau des rassemblements de dizaines d’individus, dans les secteurs du Bois Français et du Bois de La Bâtie, le Lézard vert occidental (Lézard à deux raies) et le Lézard des murailles.

Au total, sur la période 2019-2025, sept espèces de reptiles ont été signalées sur notre territoire.

Oiseaux et mammifères observés à Domène et au Versoud en 2025 et sur la période 2019-2025

Grâce à la base de données naturalistes gérée par la LPO (https://www.faune-aura.org), il est possible d’établir des synthèses des observations d’oiseaux et de mammifères réalisées dans nos deux communes de Domène et du Versoud (1).

Les oiseaux à Domène : une année 2025 tout juste dans la moyenne

Avec 63 espèces d’oiseaux observées à Domène, l’année 2025 se situe un peu en-dessous de la moyenne de ces sept dernières années. Sur cette période (2019-2025), on arrive à un cumul de 95 espèces, ce qui paraît très honorable pour un territoire somme toute relativement petit (environ 5 km2).

N.B. L’année 2019 a été choisie comme année de départ de ces analyses car elle se situe juste avant les années marquées par les restrictions de déplacement liées au COVID.

Mais on dénombre aussi 37 espèces qui n’ont plus été observées depuis 2021, notamment la chevêche d’Athéna, le moineau friquet, le bruant zizi, la rousserolle effarvatte, le tarier des prés et le tarier pâtre…

On ne note qu’une seule espèce nouvelle par rapport aux six années précédentes : le pigeon colombin, jamais signalé auparavant. Discret et facilement confondu avec le pigeon biset domestique ou le pigeon ramier avec lequel il peut se regrouper, il a pu passer inaperçu… 

Pigeon colombin (photo : Sylvain Chapuis)

 On notera tout de même que le grand-duc d’Europe semble bien de retour : une plume avait été trouvée en septembre 2024 et il a été entendu au moins à trois reprises en 2025, notamment début décembre près du centre ville. A noter aussi que l’invasion hivernale (en 2024/25) de grosbecs casse-noyaux signalée au plan national semble se retrouver à Domène où cet oiseau a été observé dans quelques jardins de décembre 2024 à février 2025.

Grosbec casse-noyaux (photo : Benoit D’Halluin)


 Parmi les espèces "emblématiques", on signalera le loriot d’Europe, la huppe fasciée (vue régulièrement de passage au printemps mais pas depuis deux ans), la pie-grièche écorcheur (vue ou entendue trois années sur sept mais pas en 2024 ni en 2025), tandis que le rossignol philomèle est assez fréquent et le guêpier d’Europe est vu régulièrement. Le cincle plongeur fréquente le Domeynon, mais, contrairement à 2024, il n’y a pas eu de preuve de nidification avec succès en 2025…

Côté rapaces, la buse variable, le faucon crécerelle (qui ne semble pas avoir niché au Prieuré en 2025), l’épervier et le milan noir sont vus chaque année, de même que la chouette hulotte entendue régulièrement. Et le milan royal en migration a été observé à deux reprises en 2025.

Dans la note de synthèse (voir le LIEN à la fin de cet article), vous trouverez un focus sur les trois espèces d’hirondelles nicheuses à Domène.

Nouvelles photos mystères ou insolites (16)

Voici de nouvelles photos prises à Domène, au Versoud ou dans les environs.

Photo 1 : Quelle est cette plante aux jolies fleurs jaune-violet ? Un indice : pour les fleurs, les apparences peuvent être trompeuses…

photo : Benoit D’Halluin

Photo 2 : Quelle est cette petite bête (elle mesure environ 2,5-3 cm sans les pattes) ? Un indice : elle est très rapide !

photo : Laurent Dobremez

Photo 3 :  Quelle est cette autre petite bête ? Un indice : encore une invasive...

photo : Laurent Dobremez

 Enfin, une photo insolite : dans le premier numéro des photos mystères publié en juin 2023, je vous avais proposé la photo ci-dessous :

photo : Eric Posak

Bon, c’était un clin d’œil car il était pratiquement impossible d’identifier cet oiseau dans le brouillard, un Balbuzard pêcheur. Alors je vous propose une autre photo de cet oiseau magnifique, que l’on voit rarement par chez nous mais qui peut parfois être observé au passage lors de ses migrations. Merci à Rachel Peillet pour cette superbe photo !

Balbuzard pêcheur, ENS Bois de La Bâtie, 11.05.2025 (photo : Rachel Peillet)

A vous de jouer ! Envoyez vos propositions en mode commentaire ou sur notre messagerie : cpncurieuxdenature@gmail.com.
 

Laurent

Les réponses aux photos mystères (15)

Voici les réponses aux photos mystères publiées en décembre dans notre blog.

Photo 1 : Bon, alors, voilà un oiseau de la taille d’un passereau. On ne voit pas bien son bec et c’est dommage car cela aurait permis de faire un premier tri entre des oiseaux au bec fin et pointu (comme les mésanges et les fauvettes) et des oiseaux avec un bec plus gros de granivore (comme les fringilles : moineaux, pinsons, bruants). Mais des traits distinctifs ressortent bien : les deux barres alaires blanches, le blanc aux rectrices (plumes de la queue) externes et le croupion (bas du dos) verdâtre conduisent à identifier un Pinson des arbres. La couleur brun terne du dos et de la tête (avec des marques plus claires) plaident pour une femelle (le mâle aurait un dos plutôt marron chocolat).
Principales différences par rapport à des espèces proches, vues également de dessus : le pinson du Nord a un croupion blanc, le moineau domestique et le verdier d’Europe n’ont pas de double barre alaire blanche.

Pinson des arbres, Domène, 26.11.2025 (photo : Benoit D’Halluin)


Photo 2 : Cette punaise fait partie de la famille bien connue (!) des Réduves qui appartient à l’ordre des Hémiptères. Elle s’appelle Nagusta goedelii (elle n’a même pas encore de nom en français). Comme l’indique Gilles Carcassès dans son blog (https://natureyvelines.wordpress.com/?s=nagusta), Nagusta goedelii est une Réduve arboricole, prédatrice d’insectes, dont l’invasive cicadelle pruineuse. Originaire de l’Est du bassin méditerranéen, elle est arrivée en France en 2014.
A ma connaissance, elle n’avait pas encore été signalée sur notre territoire local.
En hiver, elle se réfugie sous les écorces, mais tente aussi, l’automne venu, de pénétrer dans les maisons, où elle est d’observation aisée (source : https://www.faune-france.org/)

Nagusta goedelii (photo : Gilles Carcassès)


Photo 3 : Jolies pommes rouges qui ont attiré une Martre des pins. "La Martre des pins est un prédateur généraliste avec un régime alimentaire très varié. Véritable opportuniste, elle consomme ce qu’elle trouve : des fruits et des insectes, principalement des carabes et des abeilles, à la belle saison et des rongeurs en hiver, mulots et campagnols. […] Elle mange également des charognes, des vers de terre, des oiseaux et parmi eux les espèces bruyantes comme le Merle et le Geai sont les plus capturées" (source : Société d’Histoire Naturelle d’Autun – Observatoire de la faune en Bourgogne).
Elle aime aussi les pêches pourries, comme le montre cette photo.

Martre des pins, Domène, 03.07.2024 (photo : Benoit D’Halluin)

A bientôt pour un nouvel article de photos mystères et insolites,

Laurent

A la rencontre du Hibou Grand Duc ces 20 et 21 mars 2026 en vallée du Grésivaudan

La nature sauvage s'expose souvent au grand jour sans que nous ayons beaucoup d'efforts à faire pour l'écouter ou l'observer. C'est le cas en ce moment des oiseaux qui égaillent nos matinées printanières (mésanges, fauvette à tête noire, rouge-gorge familier, merle noir, grive musicienne...). 

C'est beaucoup plus rare pour certaines espèces comme le Grand Duc d'Europe. "Malgré sa taille impressionnante, cet oiseau superbe n'est point facile à voir, même quand on connait son refuge" écrivait Paul Géroudet ("Les rapaces diurnes et nocturnes d'Europe" - Ed Delachaux et Niestlé - 1978). Malgré tout, depuis les années 70, ce redoutable prédateur recolonise progressivement son territoire jusqu'à la périphérie des bourgs. C'est le cas dans notre vallée où nous avons eu la chance d'observer un adulte avec trois de ses jeunes lors de ces deux sorties en petits groupes. 

 


Grand-duc d'Europe © Christian Aussaguel

Lorsque nous arrivons, quelques photographes animaliers sont d'ailleurs déjà présents. Il nous font bon accueil et nous laissent voir volontiers leur clichés. Avec eux, nous respectons les consignes : rester groupé, ne pas élever la voix, rester à bonne distance. Le dérangement peut être une cause de l'abandon du nid et des jeunes. Le milieu est rupestre et convient parfaitement à cette espèce. Les 2 jeunes sont abrités dans un cavité profonde de la paroi et bien exposée qui leur fournit un abri idéal et sûr. Un autre est sorti du nid (par accident ?) et donc posé au sol. L'adulte (probablement la femelle) est posé immobile sur l'arbre situé juste au dessus de la cavité, prêt à intervenir en cas de dérangement ou de prédation.  Avec les longues vues, nous pouvons voir les immenses yeux de cet oiseau (pupilles noires cerclées de jaune orangé profond). Les jeunes ont maintenant plus d'un mois et déplient parfois leurs ailes déjà bien développées. Ils tournent leur tête en faisant de curieux ronds. On peut parfois les entendre crier. Hormis les ailes, le corps est encore couvert d'un épais duvet brun clair leur donnant l'aspect d'une grosse peluche. Les aigrettes ne sont pas encore visibles. 

 

                                                        Poussins en duvet © C. Fosserat
                        Les poussins que nous avons vu étaient encore complémentement couverts de duvet.

A l'approche de la nuit, l'adulte rejoint les jeunes (le 20) et s'envole soudainement pour rejoindre la falaise opposée sur un ancien bâti (le 20) ou sur un résineux (le 21). De là, il continue à voir le nid et les jeunes. Malgré l'aspect ramassé de l'animal, on devine des pattes longues et des serres très puissants même sur les jeunes. L'adulte prendra dans ses serres une proie encore non consommée (probablement un surmulot vu la taille) (le 20).

 

                                                8 mars 2015 - Montbonnot-Saint-Martin - Eric Posak
                                    Photo de la patte d'un Grand Duc d'Europe percuté par un véhicule.

Pour préserver la tranquillité de ces oiseaux en période de nidification, cet article n'est pas illustré-comme nous en avons l'habitude - de photos et le lieu précis de l'observation ne sera pas communiqué. Les photos reproduites ci-dessus sont issues du site LPO consacré à cette espèce que vous retrouverez à cette adresse : https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/oiseaux/rapaces/grand-duc-d-europe  

La LPO a constitué un groupe de bénévoles très actifs qui suit chaque année  la reproduction de ce magnifique oiseau sur l'ensemble du département de l'Isère. Si vous voyez ou entendez le Grand Duc, n'hésitez pas à la contacter : isere@lpo.fr

Eric 

 

A Domène, un bac à boue pour les hirondelles

Domène a la chance d’accueillir une colonie d’hirondelles de fenêtre. Mais cette colonie est en fort déclin depuis une dizaine d’années. Pour tenter d’enrayer cette tendance, des nichoirs artificiels ont été installés mais leur succès est inégal. Fait préoccupant, les nids naturels construits par les hirondelles se dégradent inexorablement. En s’inspirant d’expériences réussies, le CPN Curieux de Nature a pris l’initiative de réaliser et d’installer un bac à boue pour aider les hirondelles à fabriquer leurs nids.

Le constat est sans appel : à Domène on est passé d’une centaine de couples nicheurs d’hirondelles de fenêtre dans les années 2010 à 2015 à 27 couples seulement en 2025 (suivi LPO).

Des nichoirs artificiels ont certes été fabriqués, dont certains avec l’aide de collégiens (LIEN Club Nature et LIEN CLAS), mais ils connaissent un succès inégal : certains sont occupés par les hirondelles chaque année, tandis que d’autres restent vides ou sont squattés par des moineaux domestiques qui profitent de l’absence des hirondelles pendant leur migration.

A Domène, les hirondelles de fenêtre nichent principalement dans le quartier Gustave Rivet et notamment sous les avant-toits de l’école maternelle qui a hébergé à elle seule, en 2025, 30% de la population nicheuse de la commune. Les hirondelles fabriquent leur nid avec des boulettes de boue de terre argileuse mélangées à leur salive. Mais nous avons constaté que ces nids naturels se dégradent au fil du temps (photo ci-dessous).

Deux nids d’hirondelles de fenêtre, dont l’un (à droite) est fortement dégradé et abandonné. Domène, école maternelle G. Rivet

Quels oiseaux fréquentent nos jardins en hiver ?

A votre avis, si vous observez les oiseaux dans votre jardin ou sur votre balcon pendant une heure d’affilée, combien d’oiseaux et combien d’espèces différentes pourriez-vous voir en hiver ? Afin de répondre à ces questions, j’ai réalisé une étude sur ce sujet dans le cadre de mon stage.

Rougegorge familier


Lancé en 2012, l’observatoire national des oiseaux des jardins est un dispositif de sciences participatives qui sollicite les citoyens pour qu’ils fassent remonter leurs observations. Ces données permettent d’analyser l’évolution des espèces d’oiseaux fréquentant les jardins en milieu anthropisé (urbain, périurbain, rural).
Le CPN Curieux de Nature a souhaité analyser les données saisies dans le cadre de ce dispositif sur les communes de Domène et Le Versoud, afin de mieux connaître la diversité des oiseaux qui nous entourent. 
L’étude s’est focalisée sur le comptage hivernal (observations réalisés pendant 1 heure lors du dernier week-end de janvier).

A Domène et au Versoud, 23 jardins ont participé à ce comptage depuis 2013

23 jardins (15 à Domène et 8 au Versoud) ont contribué à l’observatoire national, mais l’engouement marqué en 2022 (année record avec 13 jardins) n’a pas été poursuivi. Cette année 2022 peut être expliquée par la sortie du confinement lié au Covid-19 et elle coïncide aussi avec les premières animations sur les oiseaux des jardins réalisées par le CPN à Domène et au Versoud. En 2025 et en 2026, seuls 5 jardins ont contribué, tous situés à Domène (aucun au Versoud).

En 2025, des résultats proches des tendances nationales 

Le bilan national 2025 est de 20 000 jardins contributeurs. En moyenne, 25 oiseaux observés par jardin au plan national et 26 à Domène. Les oiseaux les plus nombreux observés, au plan national comme à Domène, sont le moineau domestique, la mésange charbonnière, la mésange bleue et le pinson des arbres.
Il en est de même pour le nombre de jardins fréquentés : les espèces les plus représentées sont la mésange charbonnière, le rougegorge familier, la mésange bleue, le merle noir et le moineau domestique.

Mésange charbonnière

On trouve des spécificités dans nos jardins avec la présence d’espèces plutôt forestières : pic épeiche, mésange nonnette, mésange huppée (liée aux conifères), bouvreuil pivoine.
Cette année-là, il a été constaté au niveau national un afflux hivernal de grosbecs casse-noyaux qui ont été également observés dans 2 jardins à Domène.

Grosbec casse-noyaux

En 2026, un fléchissement notable à Domène 

On a pu constituer un échantillon constant de 4 jardins sur les 3 dernières années et on constate une baisse du nombre d’oiseaux observés et du nombre d’espèces en 2026 par rapport à l’année précédente.
On ne dispose pas encore du bilan national 2026 mais, au plan local, on peut remarquer que les conditions météorologiques ont été plus défavorables lors du week-end de comptage 2026 (frais et pluvieux) par rapport à 2025 (très doux : 21,5°C le 25 janvier).
A noter toutefois, en 2026, l’observation du serin cini et du pinson du nord qui n’avaient pas été vus lors des comptages 2024 et 2025.

22 espèces recensées lors des comptages, mais beaucoup d’autres observées durant l’hiver

Sur les 3 dernières années, on dénombre 22 espèces différentes à Domène (dans l’échantillon de 4 jardins) (*). 

 (*) accenteur mouchet, bouvreuil pivoine, chardonneret élégant, corneille noire, fauvette à tête noire, grosbec casse-noyaux, merle noir, mésange à longue queue, mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, moineau domestique, pic épeiche, pie bavarde, pinson des arbres, pinson du Nord, rougegorge familier, serin cini, sittelle torchepot, tourterelle turque, troglodyte mignon, verdier d’Europe.

Ces espèces recensées lors du comptage hivernal ne couvrent pas toute la diversité des oiseaux qui fréquentent de façon plus occasionnelle nos jardins en hiver. Par exemple, l’épervier d’Europe, la mésange huppée, le roitelet huppé, la mésange noire et le tarin des aulnes ont aussi visité nos jardins entre le 15 novembre et le 14 février. 

En conclusion, il y a une belle diversité d’oiseaux à observer dans nos jardins. Pour améliorer la connaissance des oiseaux de nos jardins au niveau local et au plan national il faudrait tout de même renforcer la participation à ce dispositif. Le CPN est prêt à vous accompagner (de la formation à la reconnaissance des oiseaux jusqu’à la saisie des données dans l’observatoire national).

Si vous souhaitez avoir plus de détails sur cette étude, vous pouvez cliquer sur ce LIEN.

Merci à Benoît D’Halluin pour les photos.

Jules Abel (Stagiaire en BTSA Gestion et Protection de la Nature, Campus Nancy-Pixérécourt)