Voici les réponses aux photos mystères publiées en mai dans notre blog.
Photo 1 : évidemment, cette photo de fleur vue de profil ne facilitait pas la tâche pour reconnaître cette plante…
Mais, même vue de profil, cette fleur présente les caractères distinctifs d’une orchidée : trois sépales verts, trois pétales dont deux très courts dressés vers l’avant et un pétale spécial appelé labelle dont l’extrémité du lobe central se divise en deux (on dit qu’il est "bifide").
Vue de face, cette fleur évoque bien une sorte de mouche sombre, d’où son nom : l’ophrys mouche (Ophrys insectifera) avec ses deux petites "antennes" (les deux pétales très courts).
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| Ophrys mouche, Revel, mai 2026 (photos : Benoit D’Halluin) |
Si la forme générale évoque pour nous une mouche, c’est sans doute surtout sa capacité à dégager des phéromones qui attire un insecte : elle émet en effet une odeur qui ressemble à celle d’une guêpe femelle du genre Argogorytes et qui attire le mâle de cette espèce (qui ne ressemble pas vraiment à une mouche : voir le LIEN Natura mediterraneo). Il cherche alors à s’accoupler et transporte ainsi le pollen de fleur en fleur.
D’une taille de 20 à 50 cm, on trouve cette plante surtout sur sols calcaires, dans des pelouses ensoleillées ou des bois clairs. Elle fleurit de mai à juin selon l’altitude.
Photo 2 : bon, d’accord, la qualité de cette photo n’était pas géniale (plante verte sur fond vert). Mais, avec l’indice (plante de la même famille que la photo 1) et en agrandissant la photo, on voit nettement qu’il s’agit d’une orchidée.
On retrouve en particulier le labelle, à l’extrémité bifide (il se divise en deux). Dans le tiers inférieur de la tige, on peut voir deux feuilles ovales qui paraissent opposées. C’est la Listère ovale (encore appelée Listère à feuilles ovales ou Grande Listère) (Neottia (anc. Listera) ovata).
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| Listère ovale, Domène, mai 2026 (photos : Laurent Dobremez) |
Cette plante, de 20 à 60 cm, fleurit de mai à juillet selon les endroits. Elle aime les lieux ombragés ou humides. Elle a été photographiée dans un jardin de Domène où est pratiquée une "tonte raisonnée" (pas de tonte tant que le cycle végétatif de la plante n’est pas achevé) et où elle réapparaît chaque année.
Photo 3 : drôle d’animal ! En fait, si on y regarde de plus près, on voit qu’il s’agit non pas d’un, mais de deux animaux, et plus précisément de deux papillons, dans une position qui ne prête guère à équivoque. Les dessins suivants sont caractéristiques de l’espèce : 6 points noirs sur le thorax, et une ligne de dessins à la base de l’aile : un demi-cercle noir (non visible sur la photo), un petit rond ou cœur, puis deux "V".
Il s’agit donc de l’accouplement de deux Hermines (Cerura erminea). Ce nom est évidemment en rapport avec la livrée blanche de ce papillon. C’est un papillon nocturne dont l’envergure atteint de 50 à 70 mm (la femelle, ici au premier plan, est un peu plus grande que le mâle). Espèce considérée comme relativement peu commune et localisée, on peut la trouver dans des milieux boisés, le plus souvent près des cours d’eau (ce qui est bien le cas ici où les deux papillons étaient posés sur un sentier au bord du lac Chartreuse). Les chenilles se trouvent sur des saules, des peupliers ou des trembles.
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| Accouplement de deux Hermines, Saint-Ismier, mai 2026 (photo : Laurent Dobremez) |
A bientôt pour un nouvel article de photos mystères et insolites,
Laurent





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