Nouvelles photos mystères ou insolites (18)

 Voici de nouvelles photos prises à Domène, au Versoud ou dans les environs.

Pour cet article, nous avons choisi de cibler les photos sur des bestioles communes mais un peu méconnues, les bourdons.

Commençons par lever une ambigüité : les bourdons ne sont pas les mâles des abeilles domestiques, qui s’appellent, eux, des "faux-bourdons". S’ils appartiennent à la même famille que les abeilles, les bourdons forment une sous-famille spécifique (les Bombinae) et on peut donc trouver des bourdons mâles et des bourdons femelles. En France, on compte 45 espèces de bourdons.

Un observatoire des bourdons a été créé en 2008 par le groupe associatif Estuaire et le Muséum National d’Histoire Naturelle et il est aujourd’hui porté également par l’Office Français de la Biodiversité (LIEN observatoire_bourdons). Cet observatoire a élaboré une fiche de comptage qui permet d’identifier un bon nombre de types de bourdons (au sein d’un même type, certaines espèces sont très difficiles à distinguer).

Nous reproduisons ci-dessous cette fiche. Vous pouvez ainsi l’utiliser pour reconnaître les bourdons des 3 photos suivantes.

Observatoire des bourdons : fiche de comptage

 N.B. Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez aussi utiliser la clé de pré-identification de terrain des bourdons d’Ile-de-France qui permet de différencier 23 espèces de bourdons (LIEN Clé_IdF).

Photo 1 : Quel est ce bourdon ?

photo : Benoit D’Halluin, Domène, avril 2017

Photo 2 :  Quel est ce bourdon ?

photo : Benoit D’Halluin, Domène, avril 2021

Photo 3 : Quel est ce bourdon ?
N.B. Alors, oui, la photo est moins belle que les précédentes, mais dans la nature on n’a pas toujours Benoit à sa disposition !...

photo : Laurent Dobremez, Domène, mai 2026

Au fait, est-ce que les bourdons vivent en colonies comme les abeilles ? Est-ce qu’ils produisent du miel ? Et peuvent-ils piquer comme les abeilles et les guêpes ?
Vous aurez les réponses à ces questions et, bien sûr aussi, aux photos mystères dans un prochain article de notre blog.

Enfin, une photo insolite qui vous rappellera peut-être de belles soirées d’été. 


Oui, c’est bien un "ver luisant". Dénomination impropre car il s’agit en fait d’un coléoptère, et plus précisément de la femelle adulte du Lampyre (Lampyres noctiluca). 

Lampyre femelle adulte, Domène, 7 juin 2026 (photos : Laurent Dobremez)

 
Si le Lampyre, à tous les stades de son développement (larve, chrysalide, adulte), possède un organe bioluminescent, c’est seulement la femelle adulte vierge qui émet cette lumière puissante et continue. Le "lampion" attire les mâles et il s’éteindra dès qu’un mâle aura fécondé la femelle.
Comment ça marche ? Il s’agit d’un processus biochimique qui génère cette lumière froide (qui ne dégage aucune chaleur) par suite de l’oxydation enzymatique d’une graisse très spécifique (merci, André Lequet !).
La femelle ne possède pas d’ailes et garde une morphologie de type larvaire. Seuls les mâles adultes ont une allure de coléoptère avec deux élytres. Ils peuvent donc voler et leurs gros yeux sont surmontés d’une sorte de visière (une avancée du pronotum) qui peut servir de réflecteur, propre à améliorer la perception des signaux lumineux de la femelle. 
Lampyre mâle (photo : Gilles Carcassès)


Larves et femelles consomment des escargots et des limaces.

Alors, ouvrez l'oeil, c'est la saison des "vers luisants" ! 

Si vous voulez en savoir plus sur le Lampyre : André Lequet, insectes-net

 N.B. il existe d’autres espèces de "vers luisants", comme la Luciole (Luciola lusitanica), qui appartient à la même famille que les Lampyres et qui peut même clignoter et émettre des signaux lumineux en volant, mais on n’en trouve pas en Isère...

A vous de jouer ! Envoyez vos propositions en mode commentaire ou sur notre messagerie: cpncurieuxdenature@gmail.com

Laurent 

 

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