Nouvelles photos mystères ou insolites (15)

Voici de nouvelles photos prises à Domène, au Versoud ou dans les environs.

Photo 1 : Quel est cet oiseau ? 

Domène, novembre 2025 (photo : Benoît D’Halluin)

Photo 2 : Quelle est cette punaise, trouvée au fond d’un carton ? Un indice : elle a été signalée en France pour la 1ère fois en 2014. 

Domène, novembre 2025 (photo : Laurent Dobremez)
 

Photo 3 : Voici un pommier avec deux jolies pommes rouges. Mais ne voyez-vous pas autre chose ? 

Domène, octobre 2025 (photo : Benoît D’Halluin)
 

Enfin, une photo insolite : déjà, les cyprès chauves ne sont pas fréquents par chez nous… mais cette belle photo est insolite surtout par l’angle de vue choisi. 

Cyprès chauves, parc d’Uriage, octobre 2025 (photo : Benoît D’Halluin)
A vous de jouer ! Envoyez vos propositions en mode commentaire ou sur notre messagerie : cpncurieuxdenature@gmail.com.

Laurent et Benoît
 

Les réponses aux photos mystères (14)

Voici les réponses aux photos mystères publiées en octobre dans notre blog.

Photo 1 : ce sont des asters, du groupe des asters de Nouvelle Belgique (Aster novi-belgii) ou des asters à feuilles lancéolées (Aster lanceolatum). Mais, dans ce groupe d’asters originaires d’Amérique du Nord (on les appelle aussi asters "de Virginie"), il y a depuis longtemps des formes naturalisées et des formes hybrides et la notion d’espèce est parfois même remise en cause. Ces plantes appartiennent à la famille des Composées désormais appelées Asteracées. Tiens, justement, ce nom de famille vient de l’aster… Sauf que, pour de nombreux scientifiques, nos asters ne s’appellent plus Aster mais Symphyotrichum. Simple, non ?
Quoiqu’il en soit, ce sont des jolies fleurs qui poussent sur les sols ayant subi des perturbations (friches, talus,…). Elles sont considérées comme invasives dans certains pays (Suisse, Belgique) et régions de France. Elles présentent l’intérêt d’une floraison tardive à partir d’octobre (on les a aussi appelées pour cette raison les "vendangeuses") et attirent les abeilles à la recherche de ressources qui se raréfient en automne.

Asters "de Virginie", Domène, octobre 2025 (photo : Laurent Dobremez)

 
Photo 2 : il fallait d’abord repérer cet animal qui se trouve au milieu de la photo, à gauche de la branche morte (cf. zoom ci-dessous). Oui, c’est bien une grenouille brune qui montre un beau mimétisme avec son environnement. Mais Grenouille rousse (Rana temporaria) ou Grenouille agile (Rana dalmatina) ? Eh bien, j’avoue que, pour moi, ce n’est pas facile de trancher : ce serait une Grenouille rousse à 100% d'après l’application ObsIdentify, mais le tympan semble aussi gros que l'œil et cet œil semble être plus sombre dans les 2/3 inférieurs ; en outre, on observe que les bourrelets latéraux (replis latéraux-dorsaux) semblent s'écarter au niveau des épaules : tous ces critères font plutôt opter pour une Grenouille agile... Je suis preneur de votre avis et je vous indique un lien pour déterminer de quelle espèce il s’agit : LIEN détermination amphibiens, voir page 9. 



Grenouille rousse / agile, Apprieu, septembre 2025 (photos : Valérie Dobremez)

Photo 3 : Comme précisé, il s’agit d’une syrphe, de la famille des diptères (mouches, moustiques,…). Les diptères ont une seule paire d’ailes leur permettant de voler, l’autre paire étant réduite à des balanciers. Bravo à la personne qui a testé la clé de détermination proposée (https://sapoll.eu/wp-content/uploads/2020/04/Syrphes-de-Belgique-et-des-Pays-Bas.pdf) et qui est arrivée tout près de la bonne réponse en observant que l’abdomen était long et étroit, fortement aminci à la base et à l’extrémité élargie. Ces critères conduisent à 24a : Baccha allongée (Baccha elongata).
Comme le précise Gilles Carcassès dans son blog (LIEN article), "elle se nourrit de nectar et de pollen et sans doute aussi de miellat de pucerons. Ses larves sont prédatrices de cochenilles et de pucerons. Baccha elongata est une spécialiste des milieux humides et ombragés". Benoît a effectivement photographié cet insecte dans de tels lieux, les gorges d’Alloix.

Baccha elongata (photo : Gilles Carcassès)

A bientôt pour un nouvel article de photos mystères et insolites,

Laurent

Chants d’oiseaux : les réponses

 En juillet (déjà ?!), je vous avais proposé sur notre blog un jeu visant à associer des chants et des cris à l’oiseau correspondant.

Mésange bleue (photo : Benoît D'Halluin)

Alors, sans plus vous faire attendre (!), voici les réponses :

A. des ti ti pu - ti ti pu ou des stivi – stivi - stivi et autres ti tu - ti tu - ti tu un peu métalliques : c’est la Mésange charbonnière ;

B. un "hennissement fin" : c’est la Mésange bleue ;

C. une strophe en "rivière liquide" et des tic – tic – tic – tic : Rougegorge familier.

Pour ces trois oiseaux (Mésange charbonnière, Mésange bleue et Rougegorge) voici un lien pour écouter (et retenir) leurs chants : la leçon 1 de La Minute Nature (écouter ICI).

D. des motifs variés et répétés : Grive musicienne (écouter ICI)
 

E. un chant mélodieux se finissant en forte : Fauvette à tête noire (écouter ICI)
 

F. des trilles et aussi un shriiii répété avec de longues pauses : Verdier d’Europe (écouter ICI)
 

G. "Tiens, tiens, tiens, voilà Cyprien qui vient !" et un dvink ! : Pinson des arbres (écouter ICI)
 

H. un gazouillis grinçant un peu fouillis : Serin cini (écouter ICI)
 

I. un chant flûté au final suraigu qu’on peut entendre très tôt le matin et aussi tard le soir jusqu’à la nuit noire : Merle noir (écouter ICI)
 

J. d’abord un ti-ri-ti-ti grinçant, une pause, puis un bruit de papier froissé : Rougequeue noir (écouter ICI)

Alors, prêts à vous confronter avec les chants d’oiseaux ? Vous verrez, c’est passionnant. Et ça va démarrer très vite en ce début d’année avec, notamment, la Mésange charbonnière et la Grive musicienne.

Laurent

Partons à la découverte des arbres

 Il reste encore tellement de mystères à découvrir sur la vie des arbres. Et cela commence peut-être par être capables de les identifier et de les différencier les uns des autres pour mieux entrer dans leur fonctionnement intime.

En marge de l’exposition "La forêt, une communauté vivante", Pauline Druelle, Directrice de la Médiathèque Jules Verne à Domène, nous a invités à présenter le travail réalisé par le CPN Curieux de Nature sur les arbres du parc Reynier-Prat. En prolongement de cette présentation, nous avons organisé une promenade sur le terrain, c’est-à-dire dans le parc, pour aller à la découverte des arbres et dévoiler quelques aspects de leur mode de vie.

L’intervention à la médiathèque a eu lieu le samedi 8 novembre 2025 auprès d’une douzaine de personnes. Nous avons présenté le dépliant réalisé en mai 2025 sur la découverte de la nature dans le parc Reynier-Prat dont un exemplaire a été remis aux participants.

A la Médiathèque Jules Verne

Des feuilles mortes, ramassées la veille dans le parc, nous ont permis de mettre en pratique l'utilisation de notre clé de détermination des arbres. Nous avons présenté les fiches signalétiques sur les différentes espèces d’arbres. Ces fiches présentent l’originalité de suivre au cours de l’année 2025 l’évolution de l’arbre à travers une série de photos chronologiquement datées.

Fiche espèce du Chêne Rouge d'Amérique


Marronnier - Evolution du bourgeon (18/03/2025) jusqu'aux fruits (19/05/2025)

La promenade au Parc s’est effectuée le mercredi suivant (12 novembre) avec une douzaine de participants. Dans un premier temps dans la roseraie, nous avons présenté l’historique du parc, enrichi par les connaissances des participants. Nous avons ensuite parcouru le parc en nous attardant auprès de quelques arbres remarquables du parc comme le Cyprès de l'Arizona, le Hêtre pourpre, les deux Sapins de Nordmann, le Ginkgo biloba. Nous avons aussi utilisé la clé de détermination pour s'entrainer à en  identifier quelques-uns. Et nous sommes entrés un peu dans l’intimité des arbres. Leur cycle de vie a été abordé à partir de l’observation de glands et de rares plantules de chêne ayant échappé (temporairement) à la tonte. 

Explications au pied du Hêtre Pourpre

Nous avons aussi montré la différence entre les conifères (et le ginkgo) à graines nues, tandis que les arbres feuillus portent des fruits dans lesquels se trouve la graine. Le fonctionnement des feuilles (respiration et photosynthèse grâce à la chlorophylle) a été abordé en soulignant leur diversité : feuilles « classiques » mais aussi feuilles transformées en aiguilles chez les sapins et les pins ou réduites à des écailles chez les cyprès.

Ecailles du Cyprès de l'Arizona

Benoît a expliqué les mécanismes physiques permettant la circulation de la sève brute des racines jusqu’au sommet de l’arbre malgré la loi de la gravité. Au-delà des termes savants ("duramen", "aubier", "liber", "cambium"), nous avons dévoilé les différentes parties d’un tronc en relation avec les canaux de circulation de la sève brute et de la sève élaborée et expliqué les différenciations cellulaires qui conduisent à accroître l’épaisseur du tronc...

Au terme de cette promenade, nous avons fourni quelques conseils de lecture pour ceux et celles qui souhaiteraient aller plus loin, en particulier :

* Catherine Lenne, 2021. Dans la peau d’un arbre. éd. Belin (approche de vulgarisation scientifique sur "les secrets et mystères des géants qui [nous] entourent").

* Laurent Tillon, 2021. Etre un chêne (sous l’écorce de Quercus). éd. Actes Sud (histoire d’un chêne et de sa communauté forestière ; "un texte nourri de science, de poésie et de philosophie").

* FCPN, 2007. A la découverte de l’arbre. Les Cahiers techniques de la Gazette des terriers.

Pauline Druelle a présenté une gamme variée de différents ouvrages disponibles à la médiathèque sur les arbres et la forêt, ouvrant sur l’imaginaire voire le fantastique, avec de très belles illustrations.

Arbristoires, Histoires naturelles & botanique poétique

Un grand merci au personnel de la médiathèque, particulièrement à Pauline ainsi qu'à Stéphane pour son appui logistique.

Benoît et Laurent

Liens vers 2 articles du blog (juin 2025) sur le dépliant du parc (LIEN vers le dépliant), et la clé de détermination (LIEN vers la clé)